Temps anciens, temps nouveaux
Frères et sœurs, les textes de notre messe offrent d’étranges contrastes. La première lecture des Actes des Apôtres nous parle d’une communauté idyllique qui fut celle des premiers temps de l’Eglise : tout y est partagé et vécu en communion. En fait, un peu plus loin, Luc, l’auteur des Actes, fera écho à diverses dissensions.
En contraste donc, la deuxième lecture renvoie tout le bonheur évoqué à ce qui adviendra aux derniers temps, dans le ciel. Quant aux temps qui précèdent, et qui sont ceux que nous connaissons, il y est question d’afflictions et d’épreuves.
Nous le savons, nous le vivons, la vie quotidienne n’est pas un long fleuve tranquille, ni non plus un océan de malheurs. Les derniers temps sont à la fois à attendre et déjà là. Il nous faut traverser la vie, moins à la force du poignet, comme on dit, mais à l’ombre de l’Esprit-Saint. C’est lui qui ouvre les cœurs et les yeux, c’est lui qui abat les murs de nos cœurs angoissés, et les dispose à la venue du Ressuscité, toutes portes étant pourtant fermées.
Comme le rappelle la troisième lecture, en l’occurrence l’évangile, invoquer l’Esprit-Saint, l’appeler sur chacun de nous ne doit pas attendre la fête de la Pentecôte qui n’en est que la célébration particulière et originelle. Notre évangile le montre. C’est aujourd’hui et toute l’année en fait, avec la Résurrection de Jésus, que cet Esprit doit être sollicité, afin qu’il souffle sur nous comme il a soufflé sur les apôtres réunis dans la chambre haute.
Homélie pour le 2e dimanche de Pâques. Textes : Ac 2, 42-47 ; 1 P 1, 3-9 ; Jn 20, 19-31


