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Sarah Knafo bouscule le paysage politico-médiatique

Il ne se passe plus un seul jour sans que Sarah Knafo, relativement peu connue et discrète il y a quelques mois, ne soit présente en direct sur une chaîne d’informations ou en différé sur tel ou tel site en ligne. Evidemment dans la perspective des élections municipales, ici celle de Paris. S’agit-il seulement d’un lancement publicitaire, tel qu’on en a connu avec Emmanuel Macron pour son premier mandat ? Je l’ai pensé, considérant que Sarah Knafo cherchait à faire le buzz, avec sa tenue impeccable, le sourire éternel, et que sais-je encore, mais je n’en suis plus du tout sûr pour l’avoir écoutée lors de multiples interventions. Sarah a une vraie personnalité, une très bonne connaissance de ses dossiers, des idées bien présentées et défendues, pour faire de Paris une ville heureuse. C’est solide, concret et percutant. Et, ce qui est plutôt rare par les temps qui courent, dit avec fermeté, mais sans cette agressivité coutumière aux autres candidats.

Ceux-ci évidemment cherchent à la déstabiliser. Faute de pouvoir faire front en direct, tant elle est brillante dans la joute, ils le font de manière indirecte en l’assignant à l’extrême droite dans le paysage politique. Il est vrai que Sarah Knafo est membre du parti Reconquête, et qu’elle siège à Bruxelles dans le même ensemble que l’AfD allemande. Il est vrai aussi que, sur un sujet aussi clivant que celui de l’immigration, elle ne prend pas de gants et demande son arrêt : j’aurais préféré qu’elle parle d’une mise à plat en vue d’une réflexion de fond et d’une régulation.

Car chacun sait que la question de l’immigration fut le cheval de bataille du pape François. Un article disponible sur RCF rappelle combien l’accueil du migrant fait partie des valeurs chrétiennes fondamentales affirmées dès les premières pages de la Bible : « Mon père était un araméen errant » (Deutéronome 26,5). Mais on oublie facilement une des conditions mises par le pape François, et bien d’autres que lui, sur cet accueil, à savoir l’intégration.

Déjà, en novembre 2016, dans l’avion de retour de Suède, François évoquait la « prudence des gouvernants ». « Les gouvernants doivent être très ouverts pour les accueillir, mais également analyser comment pouvoir les installer, car il ne s’agit pas seulement de recevoir un réfugié, il faut aussi l’intégrer. » (art. cit.). Je souligne qu’il s’agit là d’une exigence qui ne s’adresse pas qu’au pays d’accueil mais aussi au migrant. Tout cela suppose un dialogue, une politique claire et des moyens financiers, humains etc. Plus récemment, dans un entretien publié dans le JDD, Léon XIV semble montrer à son tour de la réticence face à un traitement non régulé : « Chaque pays a le droit de déterminer qui entre sur son territoire. Personne n’a dit que les États-Unis devaient avoir des frontières ouvertes. Mais certaines personnes menaient « une bonne vie, pour beaucoup d’entre eux depuis 10, 15, 20 ans », et elles ont été traitées d’une manière « qui est extrêmement irrespectueuse ».

Je ne sais évidemment pas quel sera le sort de Sarah Knafo le moment des élections venu, mais elle se démarque habilement de ses adversaires, met du piquant dans la course et l’écoute de ses interventions est toujours stimulante. Quitte ensuite pour chacun à mieux comprendre, voire exprimer son désaccord.

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