La paix de Dieu est une présence
Frères et sœurs, je ne sais pas qui peut s’imaginer que la paix puisse se gagner dans l’indolence, mais certainement pas le chrétien. Oui, le Seigneur nous donne la paix, mais la lecture des Actes des Apôtres nous montre ce que fut la vie de Paul, certainement pas un long fleuve tranquille : il y est question aujourd’hui d’épreuves, de proximité de la mort. Un aveu que Paul reprendra longuement dans sa deuxième lettre aux Corinthiens : « j’ai connu les fatigues-bien davantage, dans les prisons-bien davantage, sous les coups-infiniment plus, dans les dangers de mort-bien des fois ! Des Juifs, j’ai reçu cinq fois les trente-neuf coups, trois fois, j’ai été flagellé, une fois, lapidé, trois fois, j’ai fait naufrage etc… »
Paul aurait-il dans ces conditions perdu cette paix que le Seigneur donne ? Il n’en est rien, cette paix habite le fond du cœur, elle n’est pas détruite par des atteintes extérieures. Disons-le clairement : la paix de Dieu n’est pas un sentiment, mais une présence. Ce qui justifie la reprise de Jésus, non pas la paix mais « ma » paix. Et Jésus d’ajouter : « Ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne ». La paix que Dieu a donné à Jésus dans l’épreuve de sa passion fut l’assurance de sa présence. Sans que soient écartées pour autant les souffrances et jusqu’au sentiment d’abandon sur la croix.
Cette présence s’offre aussi à nous quels que soient les aléas de nos vies. Nous l’invoquerons avec confiance tout à l’heure, en la demandant à l’Agneau de Dieu, dont le nom même dit pourtant la faiblesse face aux hommes. Nous l’invoquerons pour chacun de nous et pour tous les hommes, sans nous laisser submerger par la violence proprement infernale de notre monde.


