Comparaison du pharisien et du publicain
Commentaire biblique,  Prédications

Le fiel de la comparaison

Frères et sœurs, la parabole du pharisien et du publicain a acquis au fil des siècles une notoriété telle que le terme pharisien est utilisé par nombre de nos contemporains pour désigner une personne peu fiable. Le mot échappe sans doute aux plus jeunes qui n’ont pas baigné dans un climat spirituel minimal. Les interprétations en sont multiples, par exemple en termes de orgueil vs humilité. Je voudrais m’arrêter sur un aspect peu évoqué de cette parabole, la comparaison.

La thématique de la comparaison me touche parce que, dans ma vie de confesseur, elle est souvent évoquée. Pas toujours, loin de là, pour la regretter, mais plutôt pour se dédouaner. Exactement d’ailleurs comme le fait aussi le pharisien : « je ne suis pas comme les autres hommes ». Bien sûr, chaque personne est différente d’une autre, alors pourquoi comparer ? Sans doute connaissez-vous la maxime suivante : « comparaison n’est pas raison ». Elle s’applique dans de nombreux cas, même dans des situations les plus banales, par exemple lorsqu’il s’agit de marchandises : telles tomates me semblent moins bonnes que celles que je vois plus loin. Peut-être… et peut-être pas, tant du moins que je n’ai pas goûté les tomates en question.

En fait, ces tomates comme les êtres humains, pardonnez-moi le rapprochement, sont jugées sur l’apparence ou la réputation et non sur le contenu. Eh ! bien, il en va de même dans nos comparaisons humaines. Que sait vraiment le Pharisien du Publicain sinon ce qui en est dit de manière générale : le publicain serait, de notoriété publique, un profiteur et un exploiteur. Il récupère à son compte une partie de l’argent de l’impôt. Peut-être… et peut-être pas, la parabole n’en dit rien, cela doit dépendre justement de la vie intérieure de ce publicain, de sa conscience personnelle.

Ce qui est clairement dit de lui en revanche, c’est son humilité : lui ne se compare pas, il se reconnaît tel qu’il est devant Dieu, en l’occurrence et comme tout homme, un pécheur. Pour reprendre les termes du Siracide dans la première lecture, c’est « un pauvre dont la prière traverse les nuées ».

Frères et sœurs, c’est pour chacun de nous, qui que nous soyons, pharisien ou publicain, quels que soient le mal ou le bien que nous avons fait, que le Seigneur a donné sa vie. Que de conflits, que de guerres même seraient écartées si chacun se regardait en vérité devant le Seigneur, sans comparaison. En se confiant humblement à la miséricorde du Seigneur.

30e dimanche année C
Textes : Siracide 35, 15b-17.20-22a ; 2 Timothée 4, 6-8.16-18 ; Luc 18, 9-14

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