La force de la louange
Frères et sœurs, alors que je fréquentais il y a des années de cela à Paris la communauté naissante de l’Emmanuel, j’ai été invité à me lancer dans la louange du Seigneur. Je n’y étais pas vraiment prêt. Mais quand l’est-on vraiment ?
Nous venons d’écouter la lecture des Actes des Apôtres, où saint Luc nous dit que Paul et Silas louaient Dieu. Etaient-ils prêts ? On peut en douter a priori puisqu’ils viennent d’être sérieusement battus, couverts de plaies et enchaînés au plus profond de la prison. Ils chantent pourtant la louange de Dieu ? Serait-ce de l’inconscience ? Certainement pas. Certains diront avec raison qu’ils complètent en leur chair ce qui manque aux souffrances du Christ, mais surtout ils lui font confiance. Ils savent Jésus ressuscité après avoir vaincu la mort.
De cette louange inattendue, qui surprend les autres détenus qui se mettent à l’écoute, va pourtant surgir leur libération. Ne serait-ce pas une leçon et une invitation pour nous à pratiquer la louange ? Si vous manquez d’inspiration, tournez-vous vers les psaumes, par exemple le psaume 137 que nous venons de chanter. Dans les situations les plus difficiles, ils ne sont pas l’expression du désespoir, mais toujours de cette confiance qui est au cœur de la louange.
Prédication donnée le 12 mai au couvent des Dominicains de Montpellier. Textes : Ac 16, 22-34 ; Jn 16, 5-11


