Violence
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Une violence mondialisée qui nous imprègne

La lecture de la seule Une de quelques journaux nationaux est devenue pour moi aujourd’hui un douloureux pensum : s’y manifeste très largement l’écho d’un monde, le nôtre, d’une très grande violence. Qui me taraude et me pèse. Inversement, les bonnes nouvelles évoquant la paix, la solidarité, la communion, sous forme d’actes et pas seulement de paroles, n’y ont qu’une place réduite. Ce déséquilibre finit par imprégner nos consciences, et je suis convaincu qu’il a des conséquences fâcheuses sur chacun de nous, en particulier chez les plus jeunes. Dont on ne doit pas s’étonner qu’ils en reproduisent ensuite les manifestations les plus violentes.

Certains commentateurs diront que « cela a toujours été le cas », au moins depuis la mondialisation de l’information : la violence est partout depuis toujours, elle connaît aujourd’hui une plus ample diffusion du fait des moyens de communication. D’autres reprendront la maxime fameuse selon laquelle le fait qu’un crocodile morde un homme ne fait pas une actualité (le buzz dirait-on aujourd’hui) à partager, alors que le fait qu’un homme morde un crocodile marquera tout lecteur. D’autres encore souligneront que la violence est une dimension endémique de l’être humain, que celui-ci est appelé à canaliser sans cesse, mais qu’il ne peut supprimer. Les Unes des journaux n’en seraient donc qu’un modeste écho.

Je connais pourtant d’autres réponses, qui ont cherché à faire face au problème de la violence, mais elles ont malheureusement toutes disparu, comme si la connaissance du bien fait dans telle ou dans telle circonstance n’avait pour notre monde que peu d’importance. C’est ainsi que la revue Télérama a fini par jeter l’éponge en 2023, ou que les sites Le Samaritain, ou Pearl, ou Tout est lié ont été arrêtés : les quatre se sont essayés à faire connaître et propager le bien. Et pourquoi ne pas rappeler, à l’intention des personnes les plus motivées chrétiennement qui liront cet article, que la lecture des Vies de Saints, telles que j’en ai connues pour ma part dans ma prime jeunesse avec les éditions Fleurus (1), peut contribuer à orienter un esprit vers le bien et à le détourner de la violence.

Si je dis ou écrit que les bonnes nouvelles comme les gestes de générosité n’ont qu’une audience limitée, qu’il faut pourtant essayer de faire grandir, certains penseront aussitôt à l’exemple de l’évangile. Sans doute, mais pas seulement : fort heureusement, les bonnes nouvelles et les actes de générosité se trouvent partout encore dans notre monde, mais de manière discrète. Si discrète qu’ils ne sont souvent reconnus, éventuellement célébrés, qu’après coup, tardivement.

Dommage parce que leur connaissance pourrait, et même devrait, imprégner les consciences. Et contribuer à faire baisser la violence.

(1) Reprises par l’éditeur Mame sous le titre « Belles histoires et belles vies« .

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