Clé du bonheur
Actualité,  Commentaire biblique

La clé du bonheur

Ce 1er novembre, comme chaque année, l’église catholique fête la Toussaint. Pourrait-on ne pas penser seulement aux saints du ciel, mais aussi à ceux de la terre qui peinent sur le chemin de la sainteté ? On oublie souvent que, dans les introductions aux lettres aux Romains, aux Corinthiens, aux Ephésiens, Paul s’adresse à ses lecteurs comme à des saints. En voici un exemple type : « à tous les bien-aimés de Dieu qui sont à Rome, aux saints par vocation, à vous grâce et paix de par Dieu notre Père et le Seigneur Jésus Christ » (Romains 1,7).

A l’occasion de la fête de la Toussaint, et à l’intention de ceux qui marchent sur les pas de Jésus, l’évangile des Béatitudes (Matthieu 5,1-13), qui est celui de la fête, donne la clé du bonheur. On peut la résumer sommairement ainsi : il faut perdre pour gagner. Ell est paradoxale. Qui souhaiterait a priori être pauvre, affamé, affligé, persécuté etc. pour recevoir de la sorte la clé du bonheur ? C’est pourtant bien elle qui est proposée à la fin de cet évangile : « Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux« .

Mais cette clé n’ouvrira-t-elle que la porte du ciel, après une vie de malheur sur la terre ? Non, elle est déjà la clé du bonheur sur la terre, dès lors que l’on comprend bien le paradoxe. Sur la terre, les biens quels qu’ils soient, appellent la recherche insatiable et souvent anxieuse d’autres biens, pour combler un manque inné, caractéristique de la condition humaine. Car, même s’il y aspire, l’homme n’est pas Dieu, il est « comme Dieu » : telle est l’une des leçons de la tentation rapportée dans le livre de la Genèse au chapitre 3.

En prêchant et proposant une certaine manière d’accueillir la pauvreté, l’affliction, la persécution, « à cause de moi » (v. 11) et non pas en soi, Jésus invite ses auditeurs à le suivre sur le chemin qu’il prend en avant d’eux, et qui conduit à retrouver en Dieu les moyens de combler le manque évoqué. Sans même évoquer Dieu et ses dons, une amie m’a dit un jour très simplement : « Pour que tes mains se remplissent, il faut d’abord qu’elles soient vides ». Elle est bien là, la clé du bonheur, pour autant bien sûr que ce chemin d’abaissement soit pris volontairement et assumé.

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