Israël et la Bible
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Impasses d’une lecture atemporelle de la sainte Ecriture

Ce mardi 12 août, la liturgie nous propose en première lecture de la messe la suite du livre du Deutéronome. Les versets 3-4 du passage sont les suivants :

« C’est le Seigneur ton Dieu qui passera devant toi, c’est lui qui détruira ces nations devant toi pour les déposséder. C’est Josué qui passera devant toi, ainsi que l’a dit le Seigneur. Le Seigneur les traitera comme il a traité Sihôn et Og, rois amorites, et leur pays : il les a détruits. » (Deutéronome 31,3-4)

Est-il besoin de souligner que c’est largement sur le fondement de ce texte, et de plusieurs autres au contenu très proche, que nombre d’Israéliens s’opposent aux Palestiniens, et cherchent à les exiler de leur pays ? Pour eux, la terre sainte est un don que Dieu a fait à Israël, et elle leur appartient de toute éternité par-delà les siècles. Honte à ces Israéliens, pensons-nous bien volontiers ! Mais nous oublions alors que la création de l’Etat d’Israël, au lieu où il se trouve et non pas dans quelque autre partie du monde, s’est faite sur la terre qu’évoque le Deutéronome, autrement dit à partir de ce texte ou d’autres du même contenu. Avec l’approbation de la communauté internationEcriture sainteale, représentée en particulier à l’époque par les Britanniques.

Loin de moi l’idée de remettre en cause cette création, et le choix qui a été fait. Je veux seulement noter que les événements douloureux qui se vivent aujourd’hui en Terre Sainte ne sont pas seulement l’effet de quelques extrémistes, mais aussi, plus lointainement certes, le résultat d’un engagement international, étonnamment fondé sur l’Ecriture Sainte !

Ce qui est en cause, de mon point de vue, c’est la lecture littérale et atemporelle d’un texte biblique, compris aujourd’hui sans nuances comme il le fut lors de son écriture.

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