Le Hamas n’est pas le peuple palestinien…
Je l’avoue, je ne pensais pas reprendre à partir du Figaro les termes du groupe de rock irlandais U2 (faut-il lire et comprendre You Too ?) dont je ne connais pas l’audience, pour évoquer la situation dramatique du peuple palestinien… comme du peuple israélien. Situation douloureuse que l’on hésite à aborder, mais je vais quand même me risquer à donner un point de vue.
Je vois donc chacun comme pris en « otage », en ayant bien conscience que ce mot est actuellement porteur de drames, de peines et d’angoisse qui invitent à l’utiliser avec prudence. Je le dis fermement, les otages aux mains du Hamas le sont de manière incomparable et inacceptable.
Ma conviction reste pourtant que, pas plus que le peuple palestinien ne se résume au Hamas, le peuple israélien ne se résume à son gouvernement ou à ses colons. D’un côté comme de l’autre, je crois, ou veux croire que « le peuple » est pris en otage par ses « dirigeants » : beaucoup d’Israéliens l’expriment d’ailleurs dans de grandes manifestations, impossible bien sûr aux Palestiniens de se livrer à la même démonstration. Telle est donc la position que j’avais déjà longuement exprimée et tenté de justifier sur mon blog Proveritate.
Elle est un constat, peut-être naïf aux yeux de certains (« qui suis-je pour estimer la position du « peuple ? »), qui ne donne aucune solution. Faut-il espérer ou attendre que la libération des peuples otages vienne de manière inattendue, des hommes ou… du ciel par exemple ? Je ne sais pas (1). Qu’ai-je à gagner, non pas pour moi mais pour les deux peuples, à exprimer ce constat ? Pas grand chose à l’évidence. Juste le souci d’une vérité qui a souvent du mal à se dire.
(1) J’ai vécu six ans en tout à Jérusalem. Une première fois deux ans, entre 1981 et 1983, comme étudiant à l’Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem ; une deuxième fois un peu plus de quatre ans, entre 2008 et 2012, comme directeur de cette même Ecole. Déjà, à chacun de mes séjours, lors d’entretiens divers, en particulier au cours du deuxième séjour avec le consul général de France, la conversation roulait souvent sur l’avenir de la région, sur la « solution à deux Etats », etc. Sans que rien ne sorte de tout cela. En 2025, les choses ne semblent guère avoir évolué.


