Association de malfaiteurs !
En février 2017, en pleine « affaire Fillon », j’avais jugé bon de manifester sur mon blog Proveritate mon point de vue (1) dans la mesure où la recherche de la vérité constituait, et constitue encore, ma préoccupation majeure. Je n’oublie jamais que j’appartiens à un ordre religieux, les Prêcheurs, dont la devise première est Veritas.
Comment ne pas y repenser au lendemain de la condamnation de Nicolas Sarkozy ? Bien sûr, je ne suis pas plus et mieux informé que d’autres, mais malgré tout, les éléments d’une machination, en forme de revanche ou de vengeance, me semblent bien présents. Et un article du Figaro de ce jour me conforte dans cette pensée, en s’approchant de ce qui me semble être la vérité. L’auteur note encore une fois que corruption et financement illégal n’ont pas de fondement établi, et que les juges ont dû recourir à un wagon de secours, la désormais fameuse « association de malfaiteurs ». Il me semble pourtant que nous en sommes loin. Je cite un extrait de cet article :
« Réalisant sans doute que les charges retenues à l’égard des principaux prévenus manquaient quelque peu de substance, les juges d’instruction ont accroché à leur train ce wagon de secours. Moins exigeante en termes de preuve, l’association de malfaiteurs est couramment utilisée dans les affaires de grand banditisme, de stupéfiants et de terrorisme« .
Association de malfaiteurs ? En vérité ? J’ai pensé aux frères Rapetou, dans une ancienne et célèbre bande dessinée, où ils apparaissent bien comme des associés, de vrais truands masqués, quoi qu’en réalité plutôt sympathiques : faut-il y reconnaître Nicolas Sarkozy et ses amis ? J’ai du mal en tout cas à les imaginer comme des truands. Et je m’étonne que la justice condamne à 5 ans d’emprisonnement, pour des faits non caractérisés, et non prouvés, quand des bandits de grand chemin, des criminels, des meurtriers, sont bien moins punis. Sur quel point très grave Nicolas Sarkozy et ceux qui l’ont entouré ont-ils fauté ? L’ancien président me semble totalement justifié de proclamer à la sortie du tribunal : « Je suis donc condamné pour avoir prétendument laissé faire deux de mes collaborateurs qui auraient eu l’idée – l’idée – d’un financement illégal de ma campagne.«
Je ne sais pas ce que sera la suite de l’histoire qui me montrera peut-être que je n’ai rien compris à l’affaire et à sa gravité. Pour l’heure, sans vouloir blanchir Nicolas Sarkozy pour lequel j’avoue n’avoir pas une grande sympathie, je n’en pense pas moins qu’il est l’objet d’une grave injustice. Et que la vérité se trouve fortement bousculée, comme elle le fut lors de l’affaire Fillon !
(1) On trouvera encore les traces ICI, et LÀ de quelques échos des nombreuses réactions que ce billet avait provoquées. Je continue de penser que l’avocat Régis de Castelnau a vu juste en voyant une machination (mot que je préfère à complot) destinée à écarter François Fillon de la course à la présidentielle. Régis de Castelnau, dans une interview, a remis le couvert en 2023.


