Le temps de la patience
Commentaire biblique,  Opinions

Le temps de la patience

En février 2024, en écho au verset 4 du psaume 90 (« mille ans sont, à tes yeux, Comme le jour d’hier« ) repris en 2 Pierre 3,8 (« devant le Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour« ) dans une exhortation à la patience, je publiais chez Books on Demand, et donc en autoédition, une méditation sur le temps de Dieu et celui des hommes : « Mille ans sont comme un jour« . En ce 4e dimanche de l’Avent, 21 décembre 2025, je serais plutôt tenté d’écrire un « Un mois et un jour« . Car cela représente exactement le temps qui s’est écoulé depuis mon opération destinée à la pose d’une prothèse complète du genou gauche.

Une opération devenue banale lorsqu’on la considère dans son ensemble : dans le centre de rééducation que j’ai quitté il y a 48 heures, sur près de 70 patients, une bonne partie était là pour la même raison que moi, réapprendre à marcher en quelque sorte. Mais une opération délicate, et souvent très douloureuse pour celui qui la vit : ce fut mon cas et cela le reste et le restera encore pendant quelque temps. Elle montre à chacun, s’il en est besoin, la fragilité de la vie, mais aussi la qualité de l’ossature humaine. Il y a là largement de quoi rendre grâce au Créateur.

Et de faire, en communion avec son Fils Jésus, l’expérience de la patience, souffrance (de patior latin) et écoulement du temps tout à la fois. En plagiant un apophtegme célèbre, je dirais que « le corps a ses raisons que la raison de connaît pas ». Ce que d’aucuns disent plus familièrement : « on ne tire pas sur une plante pour la faire pousser ». J’aurais voulu, je voudrais que ce temps d’une durée indéterminée soit pour moi celui du recueillement en Dieu dans la prière et la lecture biblique mais, en toute franchise, cela ne l’est pas encore vraiment. La douleur conduit souvent à un repliement sur soi, qui modère sérieusement l’ouverture à Dieu et aux autres.

Il est des consolations dont je me suis toujours défié du genre : « Patience, Jésus est là avec vous dans votre douleur » (ou votre maladie, ou votre handicap etc.). Certes, je le crois volontiers, mais il faut du temps et une grande foi pour le reconnaître personnellement, voire l’expérimenter. Je félicite ceux qui, familiers de la douleur, l’accueillent et d’une certaine manière la dépassent pour, par exemple, se rendre en pèlerinage à Lourdes ou en d’autres lieux. Moi le privilégié, dans le mesure où je sais a priori que ma douleur va finir par disparaître, je n’en suis pas encore là : je suis toujours en phase d’apprentissage de la patience.

2 commentaires

  • Naracci helene

    Nos meilleures pensees vous accompagnent dans cette recherche de la patience, elles tentent aussi de vous donner le courage pour attendre sereinement la guerison. Amities fraternelles. Patrice et Helene

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