La grâce de la vie
Ma prédication de ce jeudi 8 octobre, sur : Malachie 3, 13-20a ; Luc 11,5-13
Frères et sœurs, qui de nous n’a jamais pensé ce que répètent les interlocuteurs de Malachie dans la première lecture : « Nous en venons à dire bienheureux les arrogants ; même ceux qui font le mal sont prospères ». Le prophète a beau assurer qu’il existe « une différence entre le juste et le méchant », elle ne semble pas pour nos yeux de chair être à l’avantage du juste.
L’appréciation repose sur les critères qui motivent notre jugement. Généralement, ce sont l’argent, la santé, l’intérêt du travail professionnel, l’insertion sociale, le nombre des relations, et j’en passe. Bien sûr, il vaut mieux a priori disposer de tout cela, mais doit-on y voir la source du bonheur ? Je repense à ceux de mes amis, à l’image de Job dans la Bible, qui ont perdu tout ou partie de tout cela sans nécessairement se penser comme les plus malheureux des humains.
L’une des raisons, peut-être la raison première ou essentielle, qui les fait tenir et avancer est qu’ils parviennent à faire grand cas de ce qu’ils possèdent encore et qui n’est rien d’autre que la vie. Je parle de la vie naturelle et pas seulement spirituelle. Si l’évangile de ce jour nous assure qu’il n’est pas de plus grand don que celui de l’Esprit-Saint, il ne l’est pas seulement au titre de la vie spirituelle, mais aussi naturelle : c’est lui qui, soufflé par Dieu dans l’argile primitive, le transforme en être humain ; c’est lui qui, dans le livre du prophète Ézéchiel, transforme des ossements desséchés en êtres vivants.
Frères et sœurs, posons nous la question : rendons nous suffisamment grâce à Dieu pour le don de la vie, tant naturelle que spirituelle, via l’Esprit-Saint ?


