Tristesse et dégoût chez André Markowicz
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Fatigue et dégoût

André Markowicz, français né à Prague, de tradition juive, poète, traducteur en français de la grande et riche littérature russe, est mon commentateur préféré, et de loin, pour l’appréciation de la guerre entre Israël et le Hamas, comme de celle entre la Russie et l’Ukraine. Ses origines que je viens de rappeler expliquent sans doute son double intérêt. Ses billets sont presque toujours longs, mais leur lecture en vaut la peine tant ils recèlent de perspectives originales, de notations justes, et souvent de tristesse (ou de dégoût), que l’on ne trouve guère ailleurs.

Sur mon blog Proveritate, j’ai déjà plusieurs fois renvoyé à sa page Facebook :

https://www.facebook.com/andre.markowicz

Pour ceux qui ne le connaissent pas, ou le connaissent de nom sans l’avoir jamais lu, je vais me permettre (j’espère qu’il ne m’en voudras pas) de recopier un billet du15 août concernant l’Ukraine, plutôt court par rapport à la moyenne habituelle, et avec lequel, une fois de plus, je me trouve en parfait accord. J’espère que mes lecteurs iront au moins jeter un œil sur l’ensemble de sa page, pour autant qu’ils soient sur FB :

« Fatigue, et dégoût, de recenser nos hontes, – que signifie ce « nos » ? ma honte, en tant que résident d’un pays encore en paix, et l’un des plus prospères du monde – oui, oui, malgré tous les malgrés, – d’avoir des dirigeants qui, dès mars-avril 22, disaient – pas que Macron, même si la phrase est de Macron, que « toutes les guerres s’achèvent par des négociations » et qu’il « ne faut pas humilier la Russie ». Fatigue, et dégoût, de voir aujourd’hui l’Union européenne humiliée à chaque instant, sur tous les fronts, dans chaque domaine, humiliée d’une façon qui paraîtrait insupportable, on pourrait croire, mais qui n’empêche, en fait, aucun des dirigeants à faire ce qu’il fait, et de se faire humilier encore plus le jour suivant. – Fatigue et dégoût, en même temps, à l’inverse, de voir ce qui se proclame de la gauche renvoyer dos à dos les belligérants et demander « la paix », comme si la paix, en soi, était la panacée, et comme si Poutine et Zelensky, c’était bonnet blanc et blanc bonnet. Fatigue et dégoût, d’un côté, d’un cynisme de lâcheté et d’impuissance, – fatigue et dégoût, de l’autre, d’une perte de la morale qui, au nom de la lutte contre l’influence américaine, ne distingue plus le torturé et le bourreau.
Fatigue et dégoût – et impuissance. Fatigue et quoi ?… Il faudra bien continuer, d’une façon ou d’une autre, à dire ce que l’on voit, sans quoi le dégoût et la fatigue se changeront en folie
. »

P. S. Bien sûr, tout le travail d’André Markowicz ne se limite pas au seul plan du discernement politique, et je renvoie donc aux publications réalisées, en collaboration avec Françoise Morvan, pour les éditions Mesures qu’ils ont créée. Lesquelles m’ont fait connaître par exemple un livre remarquable, « Les Juifs« , pièce de théâtre d’Evgueni Tchirikov, paru en russe en 1903.

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