Noël et Päques
Commentaire biblique

Noël, comme une préparation de Pâques

Un lien entre Noël et Pâques ? Il en est un d’évident : Noël est un commencement, celui de la vie de Jésus sur terre, et Pâques un aboutissement. En d’autres termes, il n’y aurait pas de Pâques sans Noël. Mais s’arrêter à ce banal constat me paraît un peu court. Il me semble que la Pâque de Jésus est déjà en filigrane dans les événements de sa Nativité, soit par similarité, soit par contraste.

A Bethléem, Jésus naît dans le silence et le rejet, dans la pauvreté d’une mangeoire, ou d’une crèche si l’on veut. A Jérusalem, il sera exposé à tous, rejeté et pendu sur une croix. Croix d’infamie, la mangeoire l’était-elle moins ? Mais elle avait pour elle d’être cachée. Pauvreté de la naissance, pauvreté de la croix.

Ceux qui viennent à la rencontre de Jésus et de sa mère sont des bergers et des Mages. Les premiers sont connus pour être discriminés à l’époque, tenus quelque peu à l’écart du peuple ; les seconds ont certes bonne réputation, mais ils viennent de loin, de beaucoup plus loin de ce peuple d’Israël dont font partie les bergers. Ils sont les prémices des païens. Et tous viennent pour adorer Jésus et lui rendre hommage, ce qui ne sera pas le cas de ceux qui le suivront au long de son chemin de croix et au pied de celle-ci. Les bergers sont appelés par les anges, les Mages par une étoile. La Croix sera plus tard l’appel le plus sûr pour venir à Jésus et l’adorer.

A Bethléem, c’est Marie qui accueille les visiteurs. A Jérusalem, Marie est encore là, au pied de la croix, c’est bien elle qui accueille Jean, puis toute la famille que Jésus lui confie. Elle est la mère. A Bethléem comme à Jérusalem et au-delà, pour le monde entier.

Noël est un jour festif, et c’est ainsi que le vivent la plupart des chrétiens. Pâques est un temps de fête pour les Juifs, mais de ténèbres le vendredi saint pour les chrétiens. Tant du moins qu’ils n’ont pas compris que la mort de Jésus les libère eux aussi de l’emprise du péché et de la mort. Ce que les disciples comprendront au bout de trois jours, en fait, le premier jour de la semaine, lorsque le Ressuscité se manifestera à eux. Alors oui, Pâques sera pour eux aussi, et pour tous les disciples dans la suite des temps une fête… éternelle !

P. S. Je n’ai rien dit de l’inscription de Noël dans le temps liturgique. Mais il est frappant que la liturgie catholique fasse suivre la Nativité presque immédiatement de deux célébrations douloureuses, le martyre et la mort d’Etienne, puis celle des Saints Innocents.

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