Immigré
Commentaire biblique,  Opinions

Aimez l’immigré

Dans la première lecture de ce lundi de la 19 semaine, la liturgie nous fait entendre un verset qui ne devrait pas manquer de retenir l’attention de l’auditeur ou du lecteur, et peut-être de le provoquer : « Aimez donc l’immigré, car au pays d’Égypte vous étiez des immigrés » (Deutéronome 10,19). Le terme « immigré » est celui que propose la traduction liturgique pour le mot grec « prosêlyutos« , D’autres traducteurs proposent « étranger » (Bible de Jérusalem, qui met le verset entre parenthèses), voire même « métèque » (Chouraqui). On sait que le prosélyte est un païen tourné vers la tradition juive qu’il a choisi de rejoindre, mais il reste un « étranger ».

On peut débattre sans fin sur la bonne traduction, en particulier sur celle d’immigré qui est proposée. Aussi, plutôt que d’entrer dans ce débat, je me suis demandé l’idée que l’auditeur ou le lecteur pouvait se faire de l’injonction à aimer. Le verbe grec est est « agapein« , celui que l’on trouve pour évoquer l’amour partagé dans la sainte Trinité, et auquel l’homme a part à la mesure de sa foi et de sa charité. Ce n’est pas cet amour passe-partout et sans épaisseur dont nos contemporains se satisfont souvent et qui « laisse tout passer ». Il est accompagnement, éducation, prière, attention, compassion, jugement, discernement…

Dès lors, « aimer l’immigré » comme nous y sommes invités n’a rien de lénifiant, d’acceptation naïve. C’est un accueil prudent, guidé par l’amour reçu de Dieu, et opérant tous les discernements nécessaires. Un vrai travail, dans la durée !

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