Ah ! Les oignons d’Egypte ! Retour sur le passé
« Ah ! Quel souvenir, les oignons et l’ail ! » (Nombres 11,5) Les Hébreux, ensablés dans une situation apparemment sans issue, font ce que nous faisons presque tous dans des situations analogues : ils regardent vers le passé avec nostalgie, et le magnifient. Regarder en arrière, fantasmer une situation qui n’a jamais vraiment existé, du moins pas telle que nous la reconstruisons, quel plaisir ! Et quel temps perdu. La femme de Lot en est devenue « statue de sel » (Genèse 19,26).
Oh ! certes, il existe des moments ou des occasions inévitables ou nécessaires de faire retour vers le passé. A l’occasion du sacrement de réconciliation ou pour faire un deuil par exemple, et cela peut légitimement prendre du temps. Mais attention au risque de s’y complaire, comme y incite par exemple un sentiment morbide de culpabilité. Non, le retour sur le passé ne doit pas se faire pour s’y arrêter, mais pour en tirer quelques enseignements profitables et pour mieux repartir de l’avant.
Il m’arrive souvent de rappeler aux pénitents qu’un conducteur, lorsqu’il veut doubler la voiture qui traîne devant lui, ne pourra doubler qu’après avoir jeté un œil dans le rétroviseur. Mais s’il reste l’œil collé au rétro, il va se payer la voiture qui est devant lui et qu’il voulait doubler.
Le chrétien devrait en outre se rappeler que « Dieu fait toutes choses nouvelles » (Isaïe 658,17 ; 2 Pierre 3,13 ; Apocalypse 21,1). Non pas derrière lui, mais en avant de lui. Comme un « pèlerin d’espérance ». Tel est d’ailleurs le fondement de cette vertu théologale que l’on appelle l’espérance, et que l’église catholique invite à méditer au cours de cette année. Elle n’est pas la projection d’un futur fantasmé, mais une confiance dans l’amour du Seigneur Jésus, une confiance fondée sur sa résurrection et non sur nos qualités ou nos projets.
Lectures bibliques du lundi 4 août 2025 : Nombres 11, 4b-15 ; Matthieu 14, 13-21


